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Rappel cosmographique

Michèle Raulin
©


Cet article est paru dans un numéro Hors Série du
Trois Sept Onze, "Spécial Domification", paru en février 2000


J'ai l'impression qu'un petit rappel cosmographique simple ne serait pas inutile ; je m'en excuse d'avance auprès des érudits ; mais je sais pour y être passée que ces notions ne font généralement pas partie de la formation de base en astrologie.


On imagine un petit bonhomme debout sur la ligne d'horizon. Au-dessus de sa tête (à sa verticale) passent - parmi une infinité d'autres - DEUX lignes remarquables qui nous intéressent :

  • le méridien géographique du lieu, qui descend perpendiculairement à l'équateur et relie les pôles géographiques de la sphère céleste (nous parlons des projections célestes des repères géographiques terrestres). C'est le méridien dont nous avons appris l'existence au
    cours moyen.


  • le méridien zodiacal, incliné de 23°27' par rapport au précédent, qui descend perpendiculairement à l'écliptique et relie les pôles
    zodiacaux de la sphère céleste. Ces deux méridiens se croisent exactement au-dessus de la tête de notre petit bonhomme.


Lorsque nous regardons le ciel de jour, nous avons tendance à croire que l'écliptique occupe dans le ciel la ligne de parcours apparent du soleil dans la journée (arc diurne). Et que nous avons sur notre tête plus d'écliptique en été qu'en hiver. Rien n'est plus faux.


Quelles que soient la saison et la latitude, nous avons toujours en permanence au-dessus de la tête la moitié exactement de l'écliptique. Lorsque le soleil est au milieu de son arc diurne à midi solaire, il n'est généralement pas au plus haut de l'écliptique. Il ne montera pas plus haut dans la journée, parce que l'écliptique va tourner en s'inclinant sur l'horizon, mais au moment même où le soleil est au plus haut de son arc diurne, une autre planète peut être, elle, au plus haut de l'écliptique, et plus haut que le soleil sur cette écliptique. C'est ce qu'on traduit sur la carte astrologique, en plaçant le soleil au MC incliné sur l'asc, et qu'on a une planète en carré culminant à cet ascendant.


On peut se représenter cette différence entre l'arc diurne et l'écliptique, soit en faisant tourner l'un dans l'autre deux bracelets de même diamètre (après avoir collé sur l'un des deux une gommette de couleur représentant le soleil) ; soit beaucoup mieux, en observant le ciel nocturne, ce que devrait faire régulièrement, à mon avis, tout astrologue.


Sortez à midi solaire. Notez au sol l'endroit où vous vous trouvez. Repérez dans le paysage un arbre, un toit, ou tout autre détail, à la verticale du soleil de midi. Ce repère marque votre méridien géographique. Ce méridien est fixe et ne se déplace pas en fonction de l'heure. C'est un repère terrien. Il sera encore au même endroit à minuit.


Revenez donc de nuit sur votre marque au sol. Repérez les constellations zodiacales ("Petit guide du ciel" Bernard Pellequer, Points Sciences, quelques francs à Nature et Découvertes). Notez dans le paysage un détail à la verticale du point le plus haut de la constellation la plus haute. Vous êtes obligé de vous tourner (de 23° et des poussières) par rapport à votre méridien géographique. Vous marquez ainsi votre méridien zodiacal.


Et vous aurez VU que le milieu du ciel (méridien géographique) n'est PAS le point le plus haut de l'écliptique.


La verticalité de l'homme par rapport à l'écliptique, et donc par rapport à la sphère zodiacale. Le repère correspondant est le méridien zodiacal, représenté sur le thème au carré de l'asc par le point ME (milieu de l'écliptique).


La verticalité de l'homme par rapport au méridien géographique, elle lui sert surtout à ne pas perdre l'équilibre sur le pont du bateau, et à mesurer la longueur de son ombre, c'est à dire à donner l'heure.


La question des repères et de la cohérence des repères me paraît plus qu'importante.

Lorsqu'on est marin, il est utile de se repérer sur le globe terrestre, en faisant une projection sur la sphère céleste des repères géographiques, comme on a dit plus haut : équateur, méridien géographique.


Lorsqu'on est astrologue, il est utile de se repérer sur la sphère zodiacale, écliptique, méridien zodiacal.


On peut aussi choisir de faire le grand écart, en prenant comme repères d'un côté l'écliptique, et de l'autre le méridien géographique. Nulle part ailleurs il n'existe d'exemple d'une telle aberration mathématique.


On peut toutefois en imaginer d'autres, et se représenter la cohérence des renseignements qu'on pourrait en tirer. D'ailleurs, nous avons eu un exemple récent dans l'actualité : les ingénieurs de la NASA ont envoyé sur Mars une sonde avec la moitié des données en système métrique et l'autre en système miles. La sonde s'est écrasée, normal.


J'ai peur que l'astrologie ne soit en train de faire de même avec un système où les coordonnées se mesurent moitié dans un système (axe Asc Desc sur l'écliptique), et moitié dans l'autre (axe MC FC sur le méridien géographique), je parle du montage du natal. Autant que je puisse en juger (d'après les citations des confrères bien informés que je ne remercierai jamais assez), dans l'antiquité, on se servait logiquement du méridien zodiacal en natal, ce qu'exprime la formule "le point le plus élevé de l'écliptique".


J'espère être restée "lisible", les représentations cosmographiques par le texte, c'est pas évident.


Michèle Raulin ©

'Spécial Domification', Trois Sept Onze Hors Série n° 2, février 2000.


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