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Une nouvelle psychologie
grâce à l’astrologie

- Alexander Ruperti -

 

La querelle bat son plein parmi les astrologues: certains sont persuadés que l’astrologie doit être assimilée à une sorte de psychologie des profondeurs, d’autres croient qu’elle n’a aucun besoin des concepts de la psychologie actuelle car elle contient tout ce qui est nécessaire à l’explication complète du caractère et de la vie d’une personne.

Cette querelle est due, en fait, à une confusion car, même si l’on se limite aux caractéristiques données aux symboles astrologiques, que ce soit par la tradition ou par les textes actuels, ces caractéristiques sont psychologiques en soi. Il semble que le choix soit plutôt à faire entre se limiter à la compréhension d’une personne en fonction des significations psychologiques superficielles de l’astrologie traditionnelle ou essayer d’interpréter le caractère d’une personne sur la base des nouveaux concepts que nous offre la psychologie des profondeurs.


Cette dernière possibilité ne signifie pas que l’astrologue ait à adapter son astrologie à une école de psychologie, freudienne, jungienne ou autre, mais, plutôt, que la structure de notre démarche astrologique est complétée par des données nouvelles et plus profondes sur ce qu’est la personne humaine.


Le pouvoir de l’astrologie réside dans sa capacité de réduire les choses à l’essentiel, à cause du nombre de symboles, très réduit en comparaison des phénomènes qu’ils sont censés expliquer. Par conséquent, dans sa relation aux concepts psychologiques, c’est l’astrologue qui doit être le facteur positif et non les concepts psychologiques. Autrement dit, grâce aux symboles astrologiques, l’astrologue peut organiser et synthétiser les concepts psychologiques et les inclure dans une trame plus vaste et plus universelle. Il ne doit pas se limiter à ce qu’a dit telle ou telle école de psychologie, ce qu’on fait la plupart des astrologues qui ont essayé d’intégrer les nouveaux concepts psychologiques à l’astrologie.


Chaque école de psychologie est limitée par un point de vue particulier qui n’est pas nécessairement totalement vrai et ne l’est pas jamais complètement dans tous les cas. Je crois que c’est en cela que beaucoup d’astrologues sont opposés à la psychologie: ils refusent d’admettre la validité du point de vue freudien, par exemple, pour expliquer les problèmes personnels d’un individu. Ils ne sont pas contre la psychologie en soi, mais contre la limitation de l’astrologie à des écoles limitées de psychologie. L’astrologie contient ce qui manque aux écoles diverses de psychologie, en ce qui concerne la compréhension de la nature humaine, car sa base n’est pas empirique.


Une anecdote

Un exemple m’en fut donné, en Angleterre, pendant le congrès de l’Astrological Association en septembre dernier (1979). On m’avait demandé de donner une conférence sur l’importance du facteur âge dans le conseil en astrologie. Ce facteur âge puise sa signification essentielle dans certaines lois occultes qui donnent un sens particulier aux nombres et aux différents niveaux d’être qui constituent l’être humain complet. Un être humain est beaucoup plus - et de très loin - que ce qu’en accepte la psychologie moderne. On l’a déjà dit: le mot psychologie fait référence à l’étude de l’âme or l’âme n’apparaît dans aucune doctrine psychologique car personne ne sait ce que c’est et tout le monde ne croit pas à son existence.


Quoi qu’il en soit, on peut baser l’analyse de la vie humaine sur le développement de cinq niveaux d’être, chaque niveau s’étendant sur sept ans d’expérience. Une telle approche s’assimile parfaitement aux cycles de Saturne et d’Uranus; ainsi, aux environs de 27 à 30 et de 56 à 60 ans, tout être humain passe par des points tournants cruciaux, par des virages qui devraient en théorie, ouvrir la possibilité d’un nouveau départ. Pour établir cette correspondance entre l’âge et l’expérience vécue, l’astrologue s’est basé sur des données astronomiques et occultes: puisque Saturne commence un nouveau cycle aux environs de 30 ans, l’individu est, théoriquement, au seuil d’un nouveau cycle d’expérience. Cette théorie n’est pas le résultat d’une observation empirique; c’est un postulat dont l’astrologue observe l’application et le déroulement dans la vie réelle.


Pour en revenir à ma conférence en Angleterre, je fis, peu après mon arrivée, un tour au stand de livres; mon attention fut attirée par le titre d’un livre écrit par un professeur de psychologie à l’Université de Yale. Son titre “The Seasons of a man’s life” correspondait au sujet de ma causerie. J’achetai le livre, le parcourus rapidement et m’amusai à constater qu’à partir d’un travail empirique, comme le font tous les soi-disant scientifiques, l’auteur et ses collaborateurs en étaient également arrivés à la conclusion que 30 et 60 ans environ étaient des points tournants dans toute vie humaine. Mais ce qui m ‘amusa le plus fut la façon dont ce livre était présenté au public. Je cite: “L’explication la plus ambitieuse du cycle de vie chez l’adulte”...”le premier rapport complet sur les types de développement de la vie adulte”...”théorie radicalement nouvelle sur le développement de l’adulte, ce livre explore et explique les périodes spécifiques de développement personnel à travers lesquelles passent tous les êtres humains et qui forment une trame commune, sous-jacente à toutes les vie humaines”. Best-seller aux Etats-Unis, ce livre publié en 1978 était le résultat de dix ans d’observation de la vie de milliers de gens, par une équipe de chercheurs. Ma causerie sur le même sujet était, elle, basée sur les observations faites par Dane Rudhyar 37 ans auparavant, observations que je n’ai cessé d’utiliser et de développer depuis.


Les psychologues scientifiques ne veulent jamais accepter les bases de notre raisonnement et de notre travail bien que, dans bien des cas, ils arrivent aux mêmes résultats en partant des événements pour remonter à ce qui les sous-tend. Mais il y a une différence essentielle entre les observations des groupes de psychologues et le sens que l’astrologue peut donner à la vie d’une personne, en tant qu’être humain: c’est la signification attachée aux différents ages. L’astrologue va de l’ universel au particulier, ce qui lui permet de donner un sens plus global à chaque âge. Le psychologue, lui, à partir du particulier, essaie d’établir une loi universelle qui sera donc toujours inévitablement limitée par sa très terrestre compréhension de la vie et de la nature humaines.


A franchement parler, nous pourrions progresser beaucoup plus rapidement si les soi-disants scientifiques étaient ouverts à l’astrologie. Le rôle des méthodes empiriques consisterait alors à essayer, à mettre à l’épreuve la validité des théories basées sur l’astrologie.


Je vous ai rapporté cette anecdote car elle vient à point dans notre propos actuel sur le rapport de l’astrologie à la psychologie. Malheureusement, depuis longtemps, les astrologues qui travaillent à établir une relation entre les deux, ont limité leur vue astrologique aux solutions psychologiques, résultats d’une observation empirique. Ils n’ont pas essayé, comme ils l’auraient dû, de donner une nouvelle dimension aux connaissances psychologiques, grâce aux symboles astrologiques. Autrement dit, ils auraient dû essayer d’adapter la psychologie à l’astrologie. et non l’inverse.


Approches humaine / mécaniste

Qui étudie les problèmes de la nature humaine ne peut ignorer le besoin essentiel de l’humanité pour une compréhension et une réorientation psychologiques; elles seules peuvent nous éviter le mésusage des énormes pouvoirs que la technologie scientifique a mis entre les mains d’une humanité psychologiquement immature et dans la plus grande confusion spirituelle. Nos ancêtres étaient dominés par tout ce qui concerne les sciences physiques, par l’étude de la matière et la production d’outils faits de matière et utilisés à des fins matérielles. La tragédie et, sans doute aussi, les cataclysmes de notre siècle sont le résultat de cette domination. Nous sommes les héritiers, toujours esclaves, du matérialisme du 19ème siècle, esclaves du genre d’usage que les hommes ont fait des “sciences exactes’ et de ses sous-produits, la physique et la mécanique.


La voie de notre libération est dans la psychologie, pourvu que nous n’attribuions pas à ce mot le sens de quelque “physique” subtile et plus ou moins exacte de l’âme, pourvu que notre approche de la vie intérieure de l’homme soit vraiment “humaine” et non “mécaniste”.


Le dilemme “l’homme contre la machine” est devenu très populaire. Nous devons “agir en êtres humains”, être et sentir “humain”. Et, pourtant, il semble très difficile à nos enseignants en psychologie et comportement humain, de parler des hommes et des femmes autrement que s’ils étaient des machines ou des animaux poussés par des instincts compulsifs. Ils analysent la vie de l’homme et les motivations de son comportement en fonction de concepts (et souvent de techniques) venant en droite ligne du point de vue du 19ème siècle sur la matière et les forces agissant à ce niveau. La psychologie s’est développée en tant que “science exacte”, dérivée, en quelque sorte, de la physique et de la chimie. Et la plupart des psychologues actuels considèrent l’homme comme une créature terrestre, produit d’une société dominée par des forces économiques.


C’est ainsi que se trouvent complètement niés les fondements véritables d’une approche vraiment psychologique des problèmes et valeurs humaines. Et ce que pourrait être une nouvelle approche de la vie, dans notre siècle, est étouffée par les fantômes oppressants du siècle passé et de son matérialisme scientifique. La plupart des psychologues sont encore des hommes du 19ème ; leur mentalité est dominée par des idées périmées sur la nature de l’homme. Ils ne peuvent se dégager des prémisses darwiniennes et freudiennes ou de la philosophie matérialiste et mécaniste de l’École germanique, au milieu du siècle dernier (“l’homme est ce qu’il mange”...”la pensée est une sécrétion du cerveau” etc....) ou encore du plus récent béhaviorisme.


Dans nos écoles, les jeunes générations sont imprégnées d’un tel enseignement. Les résultats directs en sont une société totalement commercialisée, la production à tout prix, le profit, l’asservissement aux gadgets et la spécialisation des techniques out le totalitarisme politique.


Dans d’autres cas, la psychologie devient un instrument de plus grande production, de contrôle de l’Etat ou, encore une technique de publicité ou de propagande. L’homme est conditionné à penser qu’il est une machine à produire et à consommer ou un animal social: un élément du troupeau.


Ce “quelque chose” en l’homme

Tout cela constitue l’aspect négatif dans le développement de la psychologie au 20ème siècle. Il est pourtant en train d’émerger lentement, un aspect positif de cette matrice aliénante de pensée du 19ème siècle. Nous commençons à comprendre que la psychologie doit être basée sur des principes et concepts différents de ceux des “sciences exactes”. Et, en tout premier lieu, parmi ces concepts nécessaires pour donner à la psychologie une signification positive et vraie, doit prendre place celui qui considère l’homme comme un être essentiellement spirituel qui fonctionne dans et à travers un corps biologique, en vue d’accomplir un but.

Beaucoup de gens répondent à cela: “Comment pouvez-vous savoir que l’homme est essentiellement une entité spirituelle poursuivant un but individuel et non pas un animal social qui cherche à s’adapter à son environnement naturel, physique et social, de la façon la plus profitable et la plus satisfaisante possible?”.


Je leur réponds:” Comment pouvez-vous savoir que l’homme n’est pas une entité spirituelle?”. Quelques générations de matérialistes nous ont démontré combien l’homme, par son corps, est semblable aux animaux et comment la présence ou l’absence de biens matériaux peut le changer. Mais on pourrait mettre le même accent sur le fait que l’homme a en lui quelque chose qui lui permet d’accomplir des prouesses extraordinaires, tout à fait différentes des réalisations animales, y compris la transformation totale, à volonté, des substances matérielles. Qu’est-ce donc que ce “quelque chose” en l’homme?


Nous pouvons appeler ce “quelque chose” esprit, intellect ou de toute autre façon, peu importe, car l’on peut concevoir le principe ou le pouvoir qui fait que l’ homme est homme, soit comme facteur essentiel en lui, soit comme production de son organisme physique, de la capacité de son cerveau ou de quelque autre caractère biologique spécialisé. Il ne faut approuver ou nier aucun fait réel pour croire que l’homme est une entité spirituelle et que le secret de sa psychologie réside en cela; il nous faut simplement changer notre point de vue, notre angle de vision ou la qualité de notre interprétation des faits.


La science, elle-même, nous montre le chemin. Elle prend une pierre que nous pouvons voir, toucher et qui peut même nous blesser; et, par la magie de quelques formules mathématiques, le physicien nous convainc que cette pierre solide, lourde, est, en réalité, faite, pour la plus grand partie, de vide et de quelques atomes tournant à une vitesse incroyable. Il démontre ensuite que les atomes sont, en vérité, des vortex d’énergie et il nous le prouve par la production d’énergie qu’engendre l’explosion d’atomes.


Que reste-t-il au matérialiste et à sa matière? Plus rien, en fait. Le physicien lui-même nous révèle que l’univers est un champ d’énergies, une structure complexe d’espace-temps et d’électromagnétisme, une structure limitée, une entité cosmique donc - ou une foule d’entités cosmiques, s’il y a de nombreux univers.


Le monde des forces

Pourquoi ne pas interpréter l’être humain d’un point de vue semblable? Pourquoi ne pourrait-on voir en l’individu un petit “univers”, une structure d’espace-temps et d’énergies spirituelles et mentales? Pourquoi ne pourrait-on interpréter la matière et la vie elle-même, avec ses pulsions, du point de vue adopté pour la vie intérieure de l’homme? Et pourquoi la physique elle-même ne serait-elle pas explicable en fonction de quelque forme de psychologie tout aussi réelle mais plus élevée, au lieu de ramener la psychologie à un prolongement de la biologie et de la chimie?


Pour ce faire, il suffirait de retourner aux concepts de base sur la nature humaine, conçus par toutes les civilisations jusqu’aux trois derniers siècles et par des Européens tels que Paracelse et une foule d’autres esprits, héritiers de l’ancienne connaissance sur le “monde des forces”. Les physiciens modernes ont avancés de façon catastrophique dans ce monde des forces parce que cette avance est encore basée sur le matérialisme et prend place dans une société contrôlée par l’avidité, l’instinct de possession, le désir ardent du pouvoir et une forme tout à fait destructrice de psychologie de masse.


Les anciens penseurs et leurs successeurs modernes ont, par moments, fait référence à ce ”monde des forces”, sous forme de monde “astral” ou sidéral. En faisant cela, ils ne voulaient pas dire que la terre est “matérielle” et que seul l’univers du ciel des étoiles constitue “le monde des forces”. Ils mettaient, au contraire, l’accent sur le fait que le monde des forces est partout et interpénètre chaque particule de matière, y compris le corps humain. Au fond, ils utilisaient le terme “astral” parce que la totalité du ciel, avec ses disques de lumière, était, pour eux, l’image visible et la représentation la plus adéquate de l’”être intérieur” de l’homme, l’homme en tant qu’univers en réduction (microcosme) d’énergies irradiantes.


Le terme “astral” implique donc un point de vue particulier sur la réalité, une approche, sous un certain angle, des faits humains; de la même façon, le terme “électronique’ implique une conception de la matière qui a relégué au rang d’antiquité la physique européenne classique. La psychologie, dans la mesure où elle doit être repensée et reformulée en fonction des nouvelles tendances de notre siècle, devrait chercher à incorporer cette approche “astrale” et à décrire l’homme d’une façon nouvelle (ou très ancienne!). Un être humain est celui qui est, potentiellement, capable de devenir une manifestation concrète de l’ordre divin dont le ciel est une représentation ou une image. Les êtres humains sont des âmes, des univers d’énergie et de lumière, et pas simplement des agrégats de matière et des paquets de complexes aux noms mythologiques. Toute astrologie véritablement psychologique devrait nous en convaincre et nous montrer comment devenir conscient de notre être intérieur, de notre nature “céleste”.


L’image divine en nous

Le thème de naissance d’un individu est la représentation en deux dimensions du ciel tout entier au moment du premier souffle; c’est donc la représentation symbolique de l’être astral du nouveau-né. C’est le signe de potentielle incarnation de l’Esprit dans un organisme physique fait de matériaux terrestres. C’est la signature divine de l’homme, c’est-à-dire le but que l’homme a à accomplir dans l’univers divin.


Ce but consiste, essentiellement et toujours, à combler un besoin de la nature terrestre, c’est-à-dire intégrer à un niveau plus élevé quelques uns des matériaux ou éléments parmi les composants animaux ou terrestre de la nature humaine. Puisque le thème astrologique nous indique, symboliquement, comment l’individu est censé accomplir cela, l’astrologie peut devenir un instrument précieux pour le véritable psychologue des profondeurs. Pour ce psychologue, le but de la psychothérapie n’est pas, en vérité, d’”adapter” l’individu à son environnement social et naturel mais, plutôt, de l’aider à devenir plus pleinement une incarnation de l’esprit, c’est-à-dire à accomplir le but divin de sa vie, que cela implique ou non une vie heureuse, confortable et adaptée.


C’est un réajustement nécessaire si l’individu veut devenir plus efficace en fonction du but réel de sa vie; mais cette efficacité n’exige pas ce que le psychologue moyen appelle adaptation au milieu ou réponse “normale” à l’environnement. Adaptation, a-juste-ment, d’accord! Mais qu’est-ce qui est “juste”? Et à quoi s’”a-juster”? Avec quoi s’harmoniser? Est-ce avec notre société, sa confusion incroyable, son mercantilisme, son vide spirituel, sa futilité généralisée et son absence totale de signification et de valeurs réelles? Ou bien est-ce avec l’ordre intérieur de notre propre être individuel, l’image divine en nous, le ciel étoilé qui est le but divin à incarner par des actions créatrices tout au long de cette vie dans un corps de matière terrestre?


Le corps n’est pas “Moi”. Il peut devenir la manifestation de ce “Moi”, ou, tout au moins, le moyen d’accomplir le but de ce “Moi’ dans l’environnement familial, amical et social. Les énergies propres à servir ce but constituent mon être “astral” dont le thème de naissance est la représentation symbolique. Ce “Moi” n’est donc pas le thème astrologique; mais le thème peut me montrer, si je sais en lire correctement les symboles, le genre d’énergies que je peux utiliser. Il peut m’indiquer le rythme, le déploiement et quelques uns des pièges majeurs dans l’interaction de ces forces, de même que les points de tension, de contrainte et les moments de crise et de réorientation nécessaire. Il peut me révéler mes problèmes majeurs tout autant que les différents genres de solution que je peux utiliser pour devenir l’agent effectif du but que le ciel révèle à ceux qui ont des yeux pour voir.


L’âme, être d’énergie

Tout cela peut paraître étrange ou même ridicule aux diseurs de bonne aventure ou, aussi bien à l’apprenti sincère en astrologie, si il a une orientation scientifique ou événementielle. Pourtant, ces idées sont l’expression d’une très ancienne tradition astrologique, et d’une pensée occulte vraiment religieuse. C’est cette tradition que la psychologie actuelle doit, d’une façon ou d’une autre, assimiler et incorporer à sa pensée et à ses techniques, si le but de cette psychologie est bien de combler le besoin de notre humanité prise dans un maelström socio-politique qui la conduit inévitablement à l’asile et aux champs de bataille.


A mon avis, la première étape, pour les psychologues, consiste à revoir leur attitude vis-à-vis de l’homme, de la valeur, du sens et du but de la vie pour un individu. Ils doivent voir en l’homme une entité spirituelle utilisant un tissu de forces pour intégrer de façon nouvelle les matériaux terrestres (et socioculturels); de la même façon, la graine qui germe dans le sol, attire à elle les produits chimiques de ce sol et les incorpore, les intègre; ils deviennent ainsi la substance des racines, de la tige, des feuilles et fruits, dans la plante adulte.


Une psychologie vraiment astrologique devrait pouvoir aider les hommes à accomplir, pas à pas, cette tâche d’intégration, donc à montrer l’âme dans sa vie et ses tâches quotidiennes. L’âme est l’être d’énergie qui est la réalité de l’homme. C’est la véritable nature “céleste”, l’harmonie dynamique de ses pouvoirs créateurs. Et cette âme doit se manifester parmi les hommes. Ceci, en accord avec le modèle céleste de son être “astral”.


Il faut, d’abord, la connaître. Et l’astrologie peut nous aider à prendre conscience de ses composants, de ses grandes lignes, de ses contours, par le thème de naissance qui en est l’image symbolique. L’astrologie peut nous aider en nous suggérant qu’il faut regarder vers le ciel plutôt qu’au niveau du sol lorsque nous cherchons à vérifier le caractère véritable de l’homme en tant qu’agent de l’esprit. L’astrologie peut nous apprendre que les pouvoirs de l’univers et ceux de notre personnalité ont une base commune puisqu’ils obéissent à des rythmes similaires, ce que l’on peut démontrer. Enfin, par l’étude de ces rythmes cycliques, l’astrologie peut nous aider à devenir les agents plus effectifs du but divin de notre naissance.


Les deux grands courants

J’affirme que l’astrologie peut donner le jour à une nouvelle psychologie, une psychologie de l’harmonie. Mais, auparavant, la psychologie doit abandonner sa relation exclusive à l’analyse et à la connaissance empirique. Elle doit aussi comprendre que ce que nous appelons évolution ou émergence de la matière, est constamment polarisé par une descente cosmique, par une involution de l’esprit. Cette descente cosmique du plus universel et du plus simple vers le plus individualisé et le plus complexe est un processus qui agit au niveau du “mental”. Elle n’est pas extérieure à l’évolution de la matière mais agit, plutôt, à l’intérieur des champs électromagnétiques créés par cet épanouissement cosmique et par la spécialisation progressive de l ‘Esprit universel.


De ce point de vue, l’esprit n’est pas la résultante d’un processus d’associations sensorielles et d’images cérébrales se traduisant en pensées et concepts, comme voudrait le faire croire la psychologie empirique et matérialiste. C’est un pouvoir formateur ou structurant, manifeste aussi bien dans la forme des nébuleuses que dans les egos individuels. Pour cette raison, nous pouvons considérer notre système solaire comme une matrice cosmique, un champ électromagnétique qui conditionne inévitablement le développement de tout ce que l’on peut trouver sur la terre ou sur n’importe laquelle des autres planètes.


La nouvelle psychologie devrait chercher à intégrer les deux courants du Tout universel: l’ascension évolutive de la matière des atomes vers les corps humains et la descente involutive de l’esprit, des structures de l’univers dans celles de l’ego individuel. Dans et par cette intégration, l’Esprit trouvera vraiment son expression en l’homme car c’est l’essence de l’Esprit qu’il faut reconnaître, toujours et partout, dans et par l’intégration des polarités opposées.


Alex Ruperti, Juriens, octobre 1979

Cet article est parut en 1998 dans la Revue d'Activité Humaniste nr. 11- special Alexander Ruperti.

 

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